Bonne nouvelle!Enfin, notre site internet. Visitez-le au lien http://www.foiculture.archidiocesecotonou.org/. Suivez la Huitième édition de Les Maux de ma foi sur le Thème: les vertus au service de l'éducation: où en sommes-nous aujourd'hui? ce samedi 30 Avril 2016 à 16h 30 sur les ondes de la radio Immaculée Conception. Visitez la rubrique "Un prêtre vous écoute" pour découvrir les riches enseignements apportés à quelques préoccupations parvenues à nos Pères SUR Pâques et sur d'autres sujets divers.Prochaine compétition de Amusons-nous ce lundi 02 Mai 2016. Le BLOG vous fait ses excuses pour les ratés liés à des problèmes de connexion qui surviendront de temps à autre. Merci!
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Le Pain de la Parole



"Nous sommes à Jérusalem, précisément dans l'enceinte du Temple. Jésus y est arrivé dès l'aurore. Entouré bientôt d'une foule considérable, il s'assied et se met à l'enseigner. Des scribes et des pharisiens lui amènent alors une femme coupable d'adultère et, la plaçant bien en vue, ils lui disent : "Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Or Moïse nous a prescrit dans la Loi de lapider les femmes de cette espèce. Et toi, qu'en dis-tu ?" Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l'accuser.
Le piège paraît magistralement construit, car il n'admet que le oui ou le non. Le "oui" pourrait entraîner l'exécution sommaire de la femme qu'il a devant lui. Le "non" signifierait qu'il s'insurge contre la Loi. Que faire ? En réalité, il y a un troisième terme qui offre une issue : c'est précisément qu'il s'agit d'un piège que Jésus reconnaît aussitôt. Ils ne se soucient, dans le cas présent, ni de la vertu d'une femme, ni de la Loi de Moise. Nous sommes alors en présence d’un simple prétexte. Ils ne pensent qu'à perdre Jésus, en le plaçant devant une alternative qui ne lui laisse pratiquement aucun choix valable. L’intention est bien machiavélique.  Il y a pourtant cette femme à sauver, qui n'est pour eux qu'un prétexte et dont le sort leur est indifférent. Jésus est assurément décidé à la protéger contre leur zèle hypocrite, à la soustraire au supplice qu'ils pourraient lui infliger; mais il veut aussi tenter de les sauver du mal qui est en eux, de cette fausse justice dont ils se targuent, de cet orgueil qui les aveugle.

Il évite d'abord de les affronter. Il se tait et, se baissant, il se met à écrire sur la terre.
On peut oser suggèrer à ce propos que le Seigneur rappelle par là la centralité de la Loi dont il est Lui-même la Source devant la lâcheté des accusateurs qui se servent de cette femme en vue de le perdre, déshonorant celle-ci par cette impitoyable exhibition. Jésus était assurément capable de cette double compassion, et parmi tous les sentiments qui l'animaient en l'occurrence, on peut admettre qu'il ait éprouvé celui-là.
Quoi qu'il en soit, le temps passe et ses adversaires, bien décidés à ne pas le laisser échapper, insistent pour avoir une réponse. Ce ne sera ni oui ni non, mais ce formidable coup de sonde dans leur plus secrète intimité. Jésus se redresse et leur dit : "Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre." Et, se baissant de nouveau, il se remet à écrire sur la terre pour les laisser peut-être, cette fois, seuls face à eux-mêmes, à leur conscience et rappeler qu’il est à l’origine et au terme de toutes Loi.

Et voilà qu'ils se dispersent à la voix de leur propre conscience, ils se retirent un à un, à commencer par les plus vieux. On ne peut imaginer une victoire plus complète et plus silencieuse, plus généreuse aussi et plus fraternelle, puisque les vaincus sont tels, parce qu'ils sont vainqueurs d'eux-mêmes.
Ils sont donc sauvés comme Jésus le voulait, mais la femme l'est aussi. Sauvée deux fois, puisqu'elle est libérée du supplice auquel la Loi la condamnait et de la faute qui l'exposait à cette sanction.
Il est impossible, en effet, qu'elle n'ait pas été ébranlée au plus intime d'elle-même depuis le moment où elle a été traînée à travers la foule devant Jésus jusqu'à celui où ses bourreaux ont arrêté le jeu. Chaque instant a pesé sur elle de tout le poids de sa vie et de sa honte, en l'attente d'un dénouement qui pouvait être atroce. Elle est restée suspendue au silence du jeune Maître, en s'efforçant d'y trouver un espoir. Elle a reçu, en plein cœur, le choc de la parole qui renvoyait ses accusateurs au tribunal de leur conscience, en réveillant la sienne. Ce n'était pas devant eux qu'elle était coupable, mais devant une instance intérieure à elle-même. Et la voilà confrontée avec ce témoin incorruptible dont la présence, en notre plus secrète solitude, nous empêche de tricher avec nous-mêmes. Une grande lumière se lève en elle à cette déclaration solennelle : «  Moi non plus, je ne te condamne pas. ». Le bien ! N'est-ce pas être en accord avec cette mystérieuse innocence qui luit au fond de nous, et dont Jésus vient d'être la voix ?

Quel miracle pourrait mieux l'en convaincre que le départ silencieux de ses persécuteurs ? Car ils ont découvert, eux aussi, cette exigence intérieure où le bien se révèle comme un rapport personnel avec quelqu'un qui habite en nous : et pas comme la simple observance de la Loi au nom de laquelle ils voulaient la tuer. La femme n'en croit pas ses yeux. Ils sont vraiment partis ! Ce monde nouveau, sur le seuil duquel elle se tient, émerveillée, est donc bien réel puisqu'ils n'ont pu résister à la puissance de la vérité qui le régit.
Elle se retrouve seule avec Jésus, qui l'interpelle : Va, désormais, et ne pèche plus."

Comment ne serait-elle pas radicalement purifiée par une telle absolution et protégée pour toujours contre elle-même par cette divine rencontre ? Elle s'en va, merveilleusement comblée, puisqu'elle a découvert, au plus profond de son cœur, comme la Samaritaine, la Source qui jaillit en vie éternelle. Et nous voilà nous-mêmes tout émus, entraînés par le courant d'intériorité où nous saisissons, sur le vif, cet incomparable pouvoir d'identification de Jésus avec les êtres apparemment les moins soucieux de vie spirituelle et qu'exprime si bien ce mot d'un grand exégète : « Il est chez lui à l'intérieur des autres."

Comme à la femme accusée d’adultère, le Seigneur nous redit «  son horreur » pour le péché et son grand amour pour le pécheur que nous sommes. Voilà l’une des expressions les plus magnifiques de Sa Miséricorde pour nous ; Laquelle nous rassure, nous restaure dans la Confiance de Dieu et nous guérit de nos blessures intérieures liées au drame du péché.
Que le Seigneur nous prenne en pitié et nous refasse. Amen !

Père Serge AINADOU

Pain de la Parole



HOMELIE DU 4ème DIMANCHE DU CAREME C.

Quel catéchumène ne connait par cœur cette parabole de l’enfant prodigue ? C’est le cœur même de l’Evangile écrit par saint Luc qui nous a conservé cette richesse, cette mine inépuisable de méditation ! « Oui, je me lèverai, et j’irai vers mon père… ». C’est la décision à prendre sans trop tarder : se lever et aller vers le Père… ! Ce père dont l’enfant s’était séparé de manière la plus dramatique qui soit. Maintenant, après mille échecs, il rentre en lui-même et pensant justement à la bonté et à la justice du père, il retrouve en soi la lucidité et la force de se surpasser et même de passer à l’action la plus salvifique : « se lever ». Il est vrai qu’il était projeté à terre par le péché qui le traînait du plus bas degré au plus bas degré de la déchéance.

            Mais la toute première chose à souligner dans cette parabole  se trouve dans l’introduction où il est mentionné : En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux » ! Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils…. ». Tout se concentre donc sur les deux fils. La beauté de cette parabole ne doit donc pas nous faire perdre de vue sa raison d’être. Elle met en évidence deux groupes de croyants : les publicains et les pécheurs d’une part, les pharisiens et scribes d’autre part. Mais loin de nous faire un reportage journalistique sur les perversions des uns et des autres, l’évangile nous prévient plutôt contre les plaies qui pourraient affecter nos propres rapports avec notre Dieu.

            Publicains et pécheurs, pharisiens et scribes : deux enfants malades de la même peste :

Orgueil et présomption !
Ici, l’Enfant prodigue, c’est le groupe des publicains et des pécheurs qui se relèvent finalement du poids de leurs péchés grâce à la miséricorde du Rédempteur. Un publicanus, nous le savons, est un homme d’affaire de l’administration romaine qui par contrat avec l’autorité civile était nommé collecteur des taxes au nom de l’Etat. Parmi les chefs hiérarchiques des publicains, nous connaissons bien  Zachée de nom. Ils sont  tos par vocation d’une impopularité générale, parce que leur fonction qui fait d’eux des collaborateurs actifs de l’occupant Romain, était universellement mal vue du public. Ils sont donc fréquemment méprisés et associés aux pécheurs publics, parmi lesquels les prostitués. Jésus qui est venu, non pour condamner, non pour juger, mais se reconnaissant la face visible de la miséricorde du Père, leur faisait bon accueil et mangeait avec eux. Ce qui surprenait et choquait les bien-pensants. D’où leur prétention de se croire des justes, au point de critiquer l’attitudes de celui qui les accueillait les pécheurs.

Mais soulignons pourtant que, si Jésus ne condamnait pas les publicains ni les prostitués, ce n’était pas une manière d’approuver ce qu’ils faisaient. Non ! Sa mission a été seulement de leur prouver la miséricorde du Père et les appeler au changement de vie, à la conversion. Eux, se sentant alors accueillis s'approchaient tous de lui pour l'écouter.  

Tandis que les pharisiens et les scribes, ne voulaient rien avoir de commun avec le Christ. En effet, à côté des grands prêtres qui formaient l’aristocratie sacerdotale et des anciens qui formaient l’aristocratie laïque, les scribes, issus de toutes les couches de la population tenaient une place de prestige et leur puissance venait de leur savoir. Ils formaient un groupe de censeurs publics avec les pharisiens qui sont, quant à eux des laïcs pieux qui avaient la prétention d’être « la communauté sainte d’Israël ». Tous agissaient justement comme le fils aîné de l’évangile de ce jour. Leur manière d’adorer Dieu faisait d’eux des ouvriers du temple et non des fils. Ils sont de plusieurs catégories : pharisiens aux fières épaules, dont la piété est ostentatoire, pharisiens comptables, calculant les gains et les pertes provenant des préceptes accomplis et des transgressions commises, pharisiens gagnant du temps, prétextant d'un devoir religieux qui l'attend pour tarder de donner à manger à ses ouvriers… etc. Ils restaient tout le temps à critiquer Jésus qui a prononcé plusieurs paraboles à leur encontre, comme celle que nous méditons. Une autre commence comme ceci : « En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Être convaincu d’être juste et mépriser l’autre... La conclusion nous renseigne que le publicain, à cause de son humilité est écouté, parce que justifié par Dieu. Ici dans l’Evangile de ce jour, le frère aîné méprise son jeune frère : il refuse de participer à la fête organisée à son retour ; il le traite de : ton fils que voilà.

Misericordes sicut Pater : Miséricordieux comme le Père.

L’attitude du père dans cette parabole rappelle la figure miséricordieuse du Père de Jésus-Christ. Il ne juge personne, ni l’enfant prodigue ni son fougueux de frère aîné. C’est ainsi que faisait le Christ lui-même, mangeant avec les publicains et les pécheurs et ne refusant jamais l’invitation des pharisiens. En chacun de nous grandissent malheureusement, et l’enfant prodigue et le frère aîné. Nous sommes pécheurs mais nous jugeons les autres. Juger l’autre signifie qu’on ne connait pas réellement la valeur de la miséricorde de Dieu. L’année de la Miséricorde nous demande de faire revivre en nous la belle figure du Père dont la bonté est victorieuse contre l’offense. 

Oui je me lèverai et j’irai vers mon Père. Voilà enfin le cri qui doit devenir nôtre, au fur et à mesure que nous nous approchons de la Pâques du Christ, fête de notre libération et de notre entrée en terre promise (cf. 1ère Lecture). Le Père ne se soucie que de notre retour, de notre conversion. Laissons-nous réconcilier avec lui comme nous le demande l’Apôtre dans la deuxième lecture : laissez-vous réconcilier avec Dieu.

Père Moïse  N. KOUMAKPAÏ

Pain de la Parole



Homélie du troisième dimanche de carême

Par le Père Serge M. AÏNADOU



Dans l’extrait de l’évangile de ce troisième dimanche de carême, , Jésus combat, plus qu’une simple croyance, une mentalité coriace : les catastrophes seraient une punition divine. Un Dieu croquemitaine serait à l’affût de nos moindres faux pas pour nous sanctionner durement. Le contraste entre ce « Dieu terroriste », créé de toutes pièces par nos propres projections déformées et le Dieu de la miséricorde, pleinement révélé en la Personne de Jésus-Christ est d’autant plus bouleversant qu’il s’agit ici d’une péricope lucanienne. Or, d’un point de vue exégétique, nous savons combien l’évangéliste Saint Luc insiste sur la dimension de la Miséricorde de Dieu. C’est-dire combien ce type de mentalité faisant passer Dieu pour un Dieu vengeur à la manière des hommes est répandu au temps de Jésus, déniant ainsi à l’homme tout sens de liberté responsable, face même à la triste réalité du péché et de la mort. N’est-ce pas encore la réaction spontanée de beaucoup quand leur arrive un ennui : « qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu? ». Que de fois n’attribuons-nous pas à Dieu une colère qui provoquerait la mort d’un tel ou d’un tel autre, ou bien encore un tel autre séisme à travers lequel on tient à lire l’expression d’un courroux divin… D’un point de vue anthropologique, notre approche étiologique de la maladie en Afrique, plus particulièrement au Bénin, en contexte de traditions, indique déjà nettement l’un des facteurs sociologiques potentiels alimentant une telle mentalité si enracinée en nous : il  n’y a jamais de décès sans une cause occulte ou divine… Et pourtant, le Dieu que Jésus-Christ nous révèle en Sa Personne, à contrario d’une telle conception, est ce Dieu essentiellement Amour qui, dans la première lecture, prend pitié, face à la misère de son Peuple. Il ne s’en réjouit point, mais en souffre.

Il est donc faux et même blasphématoire de penser que les cataclysmes qui peuvent se produire soient des punitions divines. Si nous tombons sur certaines  révélations privées présentant les cataclysmes naturels comme des punitions divines, tournons tranquillement la page et poursuivons notre chemin. On ne peut  lier péché et malheur. Cela n’a rien à voir. Dans l'Evangile, Jésus commente deux faits divers atroces : le massacre d'un groupe de Galiléens pendant qu'ils offraient un sacrifice et la mort d'un autre groupe dans l'effondrement d'une tour, la tour de Siloé. « Pensez-vous qu'ils étaient plus pécheurs que les autres », sous entendu « pour mériter un sort si funeste ? » ? Et la réponse est claire. « Et bien, non. »
Mais le plus souvent, face à la souffrance, ce qui vient plutôt à l'esprit c’est la négation de Dieu ; s’établit alors la fausse équation : puisque le mal existe, Dieu n'existe pas. Que dire à ceux qui sont ainsi blessés ou révoltés ?
Leur proposer d’accueillir la Parole de la liturgie d’aujourd’hui. Voyez plutôt : Moïse est un assassin fugitif, dont le peuple est maltraité. Et dans un buisson qui brûle sans se consumer, Dieu se révèle à lui : « Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. J’ai vu la misère de mon peuple, oui je connais tes souffrances. Je suis descendu pour te délivrer. »
De toute évidence, le mal reste une énigme et seul Dieu a le pouvoir d’instaurer sa Justice-Amour par le puissant moyen de la Conversion en réduisant son règne dévastateur. Le mal peut nous fasciner. Au point de nous plonger dans un flot impétueux de désespérance. Mais il ne peut jamais avoir le dernier mot, puisqu’il n’est point de Dieu. Seul l’Amour est et demeurera, par delà, l’expérience du mal sous toutes ses formes.  D’une part, Moïse ne s'est pas enfermé dans le cercle infernal et stérile d’une vaine justice trop humaine, vengeant des frères maltraités et tués en Egypte. Dieu n’a point besoin d’une telle forme de justice terreuse. D’autre part, il ne s’est pas enfermé dans des explications possibles au malheur qui frappait son peuple. Sa vie a changé lorsqu'il a détourné son regard de l'Égypte qu'il fuyait pour s'attacher fermement à l'Invisible qui se manifeste dans le buisson ardent. De même, notre vie est changée lorsque nous nous détournons du mal sous toutes ses formes pour suivre résolument la voie de notre Sauveur. On le verra nettement dans l’évangile de ce dimanche, le Christ n'est pas venu pour expliquer le mal, nous enfermer dans des catégories de considérations,  mais pour lutter contre lui et nous en libérer.
Et ce projet de notre libération, l’Apôtre Paul, dans la deuxième lecture, en retrace encore l'histoire. Dans un langage hautement typologique, cette conquête de notre libération par la grâce est comparée aux étapes de la vie chrétienne, préfigurée dans l’Ancienne Alliance et définitivement accomplie dans la Nouvelle: le baptême est comparé au passage de la mer rouge, l'eucharistie à la manne, et le rocher qui accompagnait le peuple, devient un symbole du Christ. Nous sommes ainsi persuadés que nos traversées du désert de l’épreuve se font dans la confiance au Christ avec cette certitude qu’Il nous y accompagne.
Jésus enfin utilise l'image de la vigne et du figuier. Depuis Isaïe, les Juifs avaient l'habitude d'entendre des histoires où leur pays et leur peuple étaient comparés à une vigne que Dieu avait plantée pour qu'elle donne le meilleur vin et qu'il menaçait d’arracher parce qu'elle ne produisait rien. Jésus ajoute à la parabole traditionnelle un vigneron qui plaide pour la vigne. Signe très fort de l’expression de la Miséricorde d’un Dieu qui ne se réjouit pas de la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse « Laisse-la encore cette année, le temps que je bêche. » Le vigneron bien sûr, c'est ce Dieu Amour qui, plutôt que de menacer,  nous met en garde lorsqu’il déclare : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez... ».  Non seulement il plaide pour tous ceux qui sont dans le malheur mais il vient les rejoindre au cœur de leur mal. La bêche qu'il plante en terre est sa croix. En se donnant totalement, en s'offrant il reçoit la vie du Père. Et tous ceux qui souffrent vivent déjà avec lui. Ne serait ce pas cela la conversion à laquelle il nous invite ? Oser lui faire confiance dans nos épreuves et lutter de toutes nos forces contre le mal et le péché, voilà ce qu’Il veut de nous.
Qu’il nous en accorde les grâces et nous soutienne de son Eucharistie ! Amen

Pain du dimanche



Homélie du 2ème Dimanche du Carême Année C.

Entre Tentation et Passion-Résurrection, la Transfiguration. 


Avec l’événement de la Transfiguration du Christ, décrit point par point par l’évangile de ce Dimanche, nous arrivons à une étape essentielle de la traversée du Christ vers Jérusalem, traversée traduite en Italien par : Exodo di Cristo (l’Exode du Christ). Cet événement que l’Eglise célèbre normalement le 6 Août, c’est-à-dire 40 jours avant la Croix glorieuse, par respect pour le temps de Carême, est ici contemplé comme anticipation de la gloire de la Résurrection précédée par la Passion. Il nous suggère que, le Jésus glorieux, au visage resplendissant que contemplent Pierre, Jacques et Jean sur le Tabor, sera bientôt défiguré par les souffrances de sa Passion sur le Golgotha. Ainsi, dans le désert quarésimal où ce temps fort nous plonge, la Transfiguration se présente comme un oasis qui nous prépare à suivre le Christ dans son Exode. Evénement d’importance capitale est donc celui-ci, que nous célébrons aujourd’hui dans l’ascèse du Carême. Il est advenu justement au moment où le Fils bien-aimé entrait en dialogue habituel avec son Père. Dialogue qui cette fois-ci, se fait Révélation-Transfiguration, en présence de trois représentants du nouveau Peuple de Dieu et des deux grandes figures de la Loi et les Prophètes : Moïse et Eli, qui parlaient avec le Christ de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Au cours de cet événement qui a eu le sceau de la déclaration du Père, l’origine divine du Christ est, une fois de plus, affirmée : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! ». On est donc prévenu : quel que soit le scandale de la Croix, il faut croire en Jésus, le suivre et l’écouter.

Jésus, modèle de la chrétienté transfigurée.

La profondeur de ce mystère que nous contemplons ici, nous demande de prendre de l’avance sur le lot quotidien de nos peines effectives et pourquoi pas de nos joies, pour nous élever à la hauteur d’une foi qui ne soit pas seulement capable de gravir la montagne de la Transfiguration mais aussi celle de la crucifixion avec calme et confiance totale en la miséricorde du Père. Aujourd’hui, le Christ nous appelle à gravir la montagne de la rencontre avec le Père, dans la prière et à sa suite, pour prendre la mesure, la température du chemin de notre propre exode dans la foi. 

La vraie question qui se pose alors, sera celle-ci : Comment accomplir notre propre  traversée ? La réponse est connue : le Christ savait se remettre dans les mains du Père. Tout Fils qu’il était, il apprenait l’obéissance dans la souffrance, dira l’auteur de la Lettre aux Hébreux. Mais chez l’homme, la peur voudrait qu’on se débarrasse de la souffrance, qu’on fixe des tentes sur le Tabor afin d’échapper au Golgotha. Ce qui nous maintient dans notre propre sphère, confinés dans les limites, dressés sur nos gardes contre l’oubli et l’abandon de soi, dans les mains de son Dieu. Mais à qui ce Dieu peut-il dire : « Tu es mon Fils, celui que j’ai choisi » ? A qui ce Père peut-il faire une telle déclaration ? A celui qui lui fait confiance et s’abandonne entre ses mains ou celui qui doute de lui ? Ce que nous disons là, est loin d’une une simple littérature, c’est l’indication de la grâce qui nous fait défaut mais que l’événement de la Transfiguration nous rappelle et nous demande de désirer et de demander au Père en cette année de sa sainte Miséricorde. La transfiguration, c’est la guérison contre la peur de la croix, une croix qu’elle n’anéantirait pas certainement mais qu’elle transcende par la joie qu’elle nous apporte de nous faire savoir qu’il y a possibilité de ressusciter comme le Christ et avec le Christ, si nous savons faire confiance au Père comme lui. La gloire vient donc par la croix qui engloutit, à son tour, la mort.


Etre témoin de la Transfiguration

L’importance de cet événement se démontre dans la vie des trois Apôtres témoins. Cela  vient du fait qu’ils ont accédé à la réalité de la divinité du Christ en se laissant eux-mêmes transformer par ce qu’ils ont vécu au Tabor, ce qu’ils y ont vu et ce qu’ils y ont entendu. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés…. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! ».
Ce sommeil dit-on représente l’incapacité humaine de pénétrer les secrets de la divinité. Mais notons que, c’est aussi le vouloir de Dieu de faire sortir l’homme de son ignorance, comme la première Lecture nous apprend qu’il fit avec Abraham en le faisant sortir d’Ur en Chaldée pour se faire connaître à lui. Ici, dans l’évangile, il fait sortir les trois Apôtres du sommeil, les couvre de nuée, c’est-à-dire de sa présence et leur ouvre les yeux de l’esprit sur la personne du Fils. C’est une Transfiguration qui ira jusqu’au bout, même si certains, comme Pierre devront encore passer par l’épreuve du reniement. La grâce du Père et sa Miséricorde aura toujours le dessus. C’est cette Miséricorde qui transfigurera saint Paul, à tour et fera de lui Citoyen du Ciel. Il  nous dit dans la deuxième Lecture : nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir.
En Jésus, serviteur transfiguré dans la gloire, que l’Esprit achève en nous la Transfiguration de la foi reçue des Apôtres. Amen !

Père Moïse KOUMAKPAI, Rome

Enseignement de la semaine

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